Des tireurs d'élites peu expérimentés se placèrent sur le tarmac afin de surprendre les terroristes à leur arrivée. Cependant les tireurs d'élites n'étaient pas au courant des positions de leurs collègues ; ils ouvrirent le feu sur tout ce qui bougeait. Au final, ce fut un massacre : tous les terroristes, ainsi que les otages, furent tués dans la fusillade. De plus des policiers furent toucher par des tirs amis. Cette intervention fût un échec cuisant et à partir de ce moment, les polices de tous les pays remirent en cause leurs techniques anti-terroristes.
La France, notamment dans les années 70, se posa la question de la création d'une unité qui pourrait répondre aux situations les plus graves (prise d'otages, forcené ou arrestation à haut risque). De nombreux fonctionnaires de police étaient défavorables à la mise en place d'une unité d'élite d'une centaine d'hommes, entraînés uniquement à la gestion de missions difficiles, car le risque de pertes de vies humaines serait considérable et les investissements de même. Les premières personnes à vivement soutenir la mise sur pied du RAID furent M. Robert BROUSSARD, Christian Lambert et Ange Mancini, ainsi que M. Pierre JOXE. Le premier était à l'époque chef de la fameuse brigade anti-gang, le dernier, ministre de l'intérieur. Cette alliance entre policier et politique fut une grande réussite et malgré les opposants, le 3 octobre 1985, l'unité du RAID (Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion) fut créée.
Le commissaire divisionnaire Nguyen Van Loc, créateur du GIPN de Marseille a aussi participé en apportant ses connaissances ayant fait ses preuves pour toute la partie structurale du groupe.
A cette même date, le décret précisant l'utilisation et la configuration de cette unité fut rédigé. Le RAID est rattaché à l'UCLAT en 1988, au niveau de la direction générale de la police nationale. L'UCLAT (unité de coordination de la lutte anti-terroriste), créé le 8 octobre 1984, est chargée des relations entre police française et polices étrangères mais elle gère également les antennes des polices étrangères installées en France. Le terrorisme ayant pris une dimension internationale, il est donc primordial de posséder une police capable d'échanger des informations avec ses homologues étrangers. Un autre grand évènement de la lutte anti-terroriste en Europe fut la création, avec le traité de Maastricht, d'EUROPOL, en 1992.
La création du RAID (et parallèlement du GIGN de la gendarmerie) permet donc de combler un vide en France en matière de groupe d'intervention. Au milieu des années 80, les attentats étant en très nette augmentation, l'arrivée du RAID permettait alors d'avoir une force capable de s'opposer à ces actions, sans mettre en danger la vie des enquêteurs, qui autrefois intervenaient eux-mêmes. Le RAID a été crée en même temps que de nombreux groupes d'intervention français ou européens comme le GSG-9, le SEK, le NOCS.
M. Robert BROUSSARD cherchait maintenant un homologue qui aurait assez d'expérience en la matière pour diriger une unité telle que le RAID. Il connaissait depuis longtemps un homme de terrain, M. Christian LAMBERT, le chef de la BREC (Brigade Régionale d'Enquête et de Coordination). Celui-ci fut aussi un long moment dans le service des renseignements généraux. Il fut nommé directeur du RAID. N'oublions pas la participation indispensable de M. Ange MANCINI qui fut aussi un des chefs de l'unité. La très grande spécificité du RAID permet d'éviter de risquer la vie de policiers non préparés pour certaines situations exceptionnelles et de leur conserver toutes leurs missions traditionnelles.
Le RAID est employé pour porter assistance à l'UCLAT mais s'occupe aussi avec un grand professionnalisme des missions de protection de hautes personnalités bien qu'une unité (SPHP - Service de Protection de Haute Personnalité) en soit déjà chargée. L'unité peut également apporter une aide technique à d'autres services ou tout simplement donner des conseils pour une arrestation.
Ainsi en 1999, elle a évalué la sécurité de la préfecture de Dignes pour voir les défauts de ce bâtiment.
Il ne manquait dès lors plus qu'un lieu où le RAID pourrait s'entraîner et stocker son très volumineux matériel. Le lieu était déjà occupé par une Compagnie Républicaine de Sécurité, mais la cohabitation ne posât pas de problème. Ce casernement se situe à Bièvres (Essonne). Les locaux du RAID sont situés dans les bâtiments du Bel Air, anciens locaux de la délégation des missions étrangères. Plusieurs nouveaux bâtiments fûrent construits par la suite et utilisés pour les entraînements.
Cette unité d'élite de la police peut intervenir sur l'intégralité du territoire français. Le RAID peut reprendre les missions du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale) qui, malgré son grand professionnalisme, ne peut pas répondre à toutes les situations, par manque de matériel ou de personnel.
Le RAID fut donc créé grâce au courage de quelques hommes qui ont su affronter les préjugés qui s'opposaient à la création d'une telle unité. En 20 ans d'activité, le RAID a effectué de nombreuses opérations avec succès et a sauvé la vie de très nombreux otages. Sans son existence, de nombreuses missions auraient pu se solder comme celle de Munich, avec des vies perdues par manque de budget ou de bonnes décisions.
Au courage de ses hommes et à tous ceux qui y ont laissé leurs vies.




